Le Parc de Lesseps porte un nom qui résonne dans l’histoire du monde : celui de Ferdinand de Lesseps, diplomate français à l’origine des canaux de Suez et de Panama. Sa résidence principale se trouvait au château La Chesnaye, près de Guilly — mais c’est ici, sur les terres de sa mère à Planches, que son fils aîné Charles a choisi de laisser sa trace.
Au tournant du XXe siècle, Charles de Lesseps fait construire le château de Planches à l’emplacement d’une ancienne église, démolie entre 1897 et 1899. L’influence de cet édifice disparu se lit encore aujourd’hui dans l’architecture du château : son orientation Est-Ouest suit la tradition des nefs d’église, et le pilier central de la façade Nord proviendrait des vestiges du bâtiment d’origine. Regardez les ferronneries — deux L entrelacés : c’est le blason des Lesseps, discret et présent partout.
Le presbytère, lui, est antérieur au château. Construit en 1726, il fonctionnait de pair avec cette même église. Aujourd’hui, il accueille le gîte. On raconte même que des souterrains permettaient de rejoindre Meunet — légende ou réalité, le presbytère garde ses secrets.
Un lieu chargé de mémoire, où chaque pierre a encore des choses à dire.
Dans le jardin, les clins d’œil à l’histoire s’accumulent. Le puits côté Sud est en réalité un ancien chapiteau de colonne. Sur la gauche du jardin, une réplique miniature du canal de Suez, alimentée par la source de l’ancien abreuvoir devenu lavoir. Et à l’entrée du parc trône L’Immortalité — un bronze signé du fondeur Ferdinand Barbedienne, offert à Charles de Lesseps par la Compagnie de Suez en 1913, en souvenir de l’inauguration du vrai canal le 17 novembre 1869.
Traversez la route et le domaine révèle ses dépendances. Côté parking, la maison des gardiens — la maison jaune — et les anciennes écuries, dont la partie rénovée est aujourd’hui la maison des voisins. Entre les deux, le pavillon de chasse, très agrandi depuis sa construction fait face au long chai sur la propriété voisine. Chacun de ces bâtiments a sa propre trajectoire, sa propre vie après les Lesseps.
Le parc à l’anglaise de 17 hectares a été planté en même temps que le château. Traversé par la Théols, il abrite aujourd’hui des arbres centenaires et une biodiversité que je m’emploie à laisser vivre. Les prairies fleurissent librement — pour les pollinisateurs, et pour vous.
Au printemps, vous pouvez y cueillir des fleurs sauvages, composer des recettes ou préparer des baumes ancestraux. Ce parc n’est pas un décor figé : c’est un lieu vivant, qui change avec les saisons et qui se mérite un peu.
Parmi les arbres centenaires, quelques sujets remarquables témoignent de l’ambition du parc à l’anglaise d’origine : des platanes imposants, des cèdres du Liban, un sophora, un catalpa, des cyprès chauves et un chêne qui a tout vu.
Sur la carte postale du début du siècle, on les voit encore frêles, tout juste plantés. Le plus grand des cyprès pousse en tourbillon — une curiosité que nous explorerons dans un prochain article.
Aujourd’hui le domaine accueille aussi ses propres habitants — Fuego le cheval, les poneys, les poules qui traversent librement le parc. L’histoire continue, vivante, à sa manière.
L’histoire et la nature cohabitent ici depuis plus d’un siècle. Que vous soyez curieux d’histoire, amoureux de nature ou simplement en quête d’un endroit qui respire — le Parc de Lesseps a quelque chose pour vous. Prenez le temps de vous perdre dans les sentiers. Les trésors se méritent.